L’ECU : de quoi s’agit-il réellement ?

L’unité monétaire européenne, en abrégé ECU, était un panier monétaire artificiel utilisé par les états membres de l’Union européenne (UE) comme unité comptable interne. L’ECU a été conçu le 13 mars 1979 par la Communauté économique européenne (CEE), le prédécesseur de l’actuelle Union européenne, comme unité de compte du Système Monétaire Européen (SME). L’ECU est également le précurseur de l’euro, qui a été introduite le 1er janvier 1999. L’acronyme ECU est considéré comme un mot en français et désigne également une ancienne pièce de monnaie française. Dans la norme ISO-4217, l’ECU porte le code « XEU ».

Histoire

Le Système monétaire européen (SME) a été fondé en 1979 après l’effondrement de l’accord de Bretton Woods en 1972. Il avait pour but d’aider à favoriser l’unité économique et politique dans l’Union européenne (UE) et ouvrir la voie à une future monnaie commune. L’accord de Bretton Woods, conclu à la suite de la Seconde Guerre mondiale, avait établi un taux de change réglable afin de stabiliser les économies européennes.

Le SME a établi une nouvelle politique de devises liées entre la plupart des pays du vieux continent afin de stabiliser les échanges de devises et de prévenir de fortes fluctuations de l’inflation parmi les membres. Il avait donc une fonction de stabilisation. Un autre principe important de l’EMS était la formation de l’unité monétaire européenne (ECU), prélude à l’adoption de l’euro.

L’ECU déterminait les taux de change entre les monnaies des pays participants par des méthodes comptables officiellement reconnues. Les premières années de l’EMS ont été marquées par des inégalités qui ont augmenté les valeurs des devises les plus fortes et abaissé celles des plus faibles. L’ajustement des taux d’intérêt nationaux a permis par la suite de maintenir la stabilité de toutes les devises constitutives du système.

Pièce de 1 Euro

Rôle et fonctionnement de l’ECU

Le SME était un système de taux de change limité et flexible qui définissait des marges dans lesquelles les taux de change bilatéraux des pays membres pouvaient fluctuer. Les bandes de fluctuation se caractérisaient par un ensemble de parités et de marges centrales bilatérales réglables qui définissaient l’ensemble des fluctuations admissibles. Cet ensemble portait le nom de grille de parité, car il définissait les parités pour toutes les combinaisons de monnaies constitutives de l’ECU.

Les limites des bandes de fluctuation étaient définies  par le point d’intervention supérieur et le point d’intervention inférieur. Généralement, les largeurs de bande étaient de 2,25% de chaque côté, avec une marge un peu plus large pour la Lire italienne. Après la crise monétaire en 1993, les bandes ont été élargies à 15% de chaque côté, mais dans la pratique, les fluctuations étaient maintenues dans une bande très étroite.

Lorsqu’un taux de change atteignait l’un ou l’autre de ces points d’intervention, les banques centrales étaient obligées de soutenir ces taux indéfiniment par le biais d’opérations de marché. Elles achetaient les monnaies affaiblies ou vendaient celles qui avaient acquis trop de valeur. Certains pays (notamment la Grande-Bretagne) n’avaient initialement pas participé au mécanisme de taux de change du SME. Ils ont pris le mécanisme en cours de route

L’ECU a agi comme une unité de paiement entre les banques centrales de la communauté Européenne. Elle était utilisée notamment dans le traitement informatique des transactions. Certaines obligations étaient d’ailleurs émises en ECU.

Valeur de l’ECU

La valeur de l’ECU était déterminée par la somme des valeurs des monnaies nationales auxquelles était affecté un coefficient. Ce coefficient était déterminé par le poids économique du pays en question. Ainsi, le franc français représentait 19,83% de la valeur de l’ECU. Le Deutsch comptait pour 31,96%, tandis que le franc belge représentait 8,18%. Les autres monnaies étaient la couronne danoise (2,65%), le peso espagnol (4,14%), la livre sterling (12,45%), la drachme grecque (0,44%), la livre irlandaise (1,09%) et la Lire italienne (7,84%). On a aussi le franc luxembourgeois (0,32%), le florin néerlandais (9,98%) et l’escudo portugais (0,7%).

Le poids de chaque monnaie était basé sur différents critères macro-économiques, dont la part dans le produit national brut (PNB) de la Communauté européenne, la part dans le commerce intra-régional et l’importance en tant que monnaie de réserve. Ce dernier critère explique le poids relativement élevé du Deutsch Mark. Chaque jour, à l’ouverture des bourses, la valeur de l’ECU était calculée en tenant compte des indices nationaux. L’euro a cependant remplacé l’ECU à la parité. Ainsi au lancement de l’euro, 1 ECU valait 1 euro.

L'Europe géographique

Billets de banques et pièces de monnaies

Étant donné que l’ECU n’était qu’une unité de compte électronique et non une monnaie dans le sens large du terme, il n’y avait pas de pièces de monnaie ou de billets officiels qui pourraient être utilisés pour effectuer des transactions courantes. Cependant, divers pays et organisations européennes, comme le Parlement européen, ont fabriqué des pièces et des billets commémoratifs. Un thème commun sur les pièces de monnaie était la célébration de l’unité européenne. En 1989, le gouvernement des Pays-Bas a émis une série de pièces dont la valeur oscillait entre ₠ 2½ et ₠ 200. Les possesseurs pouvaient les dépenser dans les magasins de La Haye lors du festival de la capitale européenne de la culture. Gibraltar a également émis des pièces commémoratives entre 1993 et 1996.

L’ECU était en réalité une monnaie artificielle qui était surtout utilisée dans le mécanisme de fixation des taux de change entre les pays du continent européen. C’était également un panier de devises dans lequel figuraient les devises nationales de chaque pays participant au mécanisme. Les banques centrales et les places boursière s’en servaient en raison de son côté pratique. En effet, cette devise synthétique simplifiait grandement la vie aux investisseurs qui souhaitaient faire des affaires dans plusieurs pays européens à la fois. C’est ce qui explique largement la raison pour laquelle l’euro a été lancé en parité parfaite avec l’ECU. Durant la période où l’ECU a existé, les transactions courantes ont continué à se faire dans les devises nationales, puisqu’il n’existait pas d’espèces sonnantes et trébuchantes en ECU. Des pièces ont été conçues, mais elles n’avaient qu’une valeur symbolique.

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